Brèves


Tsonga roi de Marseille

Cet Open 13, version 2009, s'est terminé par une confession. Celle de Jo-Wilfried Tsonga, vainqueur 7/5 7/6 de Michael Llodra, qui a expliqué avoir failli ne pas jouer ce tournoi en raison de l'hospitalisation de son papa cette semaine. « Je lui dédie ce tournoi » a-t-il lâché au micro lors de la cérémonie de remise de la Coupe.

Avant l'émotion, les 5 000 personnes du Palais des Sport ont, bien entendu, eu droit à de l'action. Et quelle action ! Entre deux joueurs au style opposé qui ont offert une finale très serrée dont le dénouement s'écrivit, à chaque fois, à la toute fin des sets.

Dans cette troisième finale 100% française de l'histoire du tournoi, c'est pourtant Jo-Wilfried Tsonga qui prend le meilleur départ en « breakant » d'entrée un Michael Llodra qui n'est pas encore chaud. Mais le Parisien monte en régime et progressivement, avec ses incessantes montées au filet, perturbe le rythme de son adversaire. Il recolle à 2-2. Tout est alors relancé dans cette manche.

Les joueurs ne sont ensuite plus inquiétés sur leurs engagements avant le onzième jeu. Il est fatal à Llodra, alors privé de premières balles de service. Tsonga transforme sa première balle de break d'un magnifique passing de revers long de ligne : 6-5 pour le Manceau qui conclut ensuite tranquillement sur son service, 7/5 en 46 minutes. Le deuxième set, là encore, est dominé par les serveurs. Llodra, qui s'est fait masser l'épaule gauche à la fin de la première manche, est inquiété une seule fois, dans le troisième jeu, lorsqu'il est contraint d'écarter deux balles de break. Il s'en acquitte parfaitement, d'une bonne montée puis d'un service gagnant. Il ne se passe plus grand chose jusqu'au tie-break.

Llodra va alors craquer dans ce jeu décisif. Deux double-fautes, un smash « facile » claqué dans le couloir sont les trois points qui le condamnent. Car Tsonga, de son côté, est impeccable dans ce jeu décisif. Le numéro 12 mondial l'emporte 7 points à 3. A lui, le titre ! Son premier à Marseille, le quatrième de sa carrière et déjà le deuxiéme cette année. Tsonga perpétue également la tradition des victoires tricolores au Palais des Sports puisqu'il devient le cinquième français à remporter l'Open 13.


Djokovic face à la muraille bleue

Place aux demi-finales ce samedi où trois Français sont en piste : Novak Djokovic retrouve Jo-Wilfried Tsonga tandis que Michaël Llodra défie Gilles Simon.

Djokovic - Tsonga

C'est à un remake de la finale 2008 de l'Open d'Australie auquel les spectateurs de l'Open 13 vont être conviés ce samedi. Une rencontre de prestige qui promet évidemment d'être spectaculaire comme le furent tous les matches entre ces deux figures du circuit ATP. Tsonga et Djokovic, qui atteignent ce stade de la compétition pour la première fois à Marseille, se sont affrontés à quatre reprises. Une première fois lors cette fameuse finale de Melbourne, remportée par le Serbe, puis trois fois l'an dernier pour trois victoires de Tsonga, en finale à Bangkok, en huitièmes de finale à Bercy, puis en match de poule (sans enjeu) à la Masters Cup de Shanghaï. Comme souvent avec Tsonga, le sort du match dépendra beaucoup de la qualité de sa première balle et de sa capacité à prendre les échanges à son compte. Djokovic, de son côté, tentera de faire parler ses habituelles qualités: son œil, son déplacement « élastique » et la fluidité de ses frappes. Bien difficile en tout cas de se lancer dans un pronostique.

Simon - Llodra

Avec Michael Llodra sur le court, jamais facile de prévoir comment les choses peuvent tourner. Si le Parisien est en réussite avec sa première balle de service, il est évidemment très difficile de lui prendre son engagement. Mais Simon est un excellent relançeur et saura s'engouffrer dans la brèche à la première occasion. Llodra, qui a retrouvé cette semaine un très bon niveau après plusieurs mois difficiles, a réalisé une partie convaincante face à Mikhaïl Youzhny tandis que Simon est encore un peu « en dedans ». Cela dit, le vainqueur du tournoi 2007 a pris une nouvelle dimension l'an passé et semble posséder une marge de manœuvre face à un adversaire du calibre de Llodra. Dernier indice : Llodra a battu son adversaire du jour lors de leurs deux seules rencontres, en 2005 puis en 2008. Mais Simon n'était pas encore le Simon que l'on connait désormais...


Le patron c'est Murray

« OM ou PSG ? », demande un supporter à l'autre. « Mais de quoi tu me parles, répond son voisin, moi c'est Ancic ou Murray !! » Car c'est bien ça dont on parle aujourd'hui au Palais des Sports de Marseille et de rien d'autre ou presque…

C'est Andy Murray qui lance les hostilités en remportant son service blanc. Ancic, un brin plus tendu, conserve également sa mise en jeu. Mais en ce début de match c'est clairement l'Ecossais qui dicte le jeu en faisant visiter les quatre coins du court à son adversaire.

Murray, tranquille comme à son habitude, fait la « cuisine » en alternant revers slicé, coup droit bombé et en enchaînant amortie-lob-amortie à la Santoro. C'est donc sans surprise qu'Andy « of Scotland » devient le premier joueur du tournoi à prendre le service d'Ancic alors qu'il mène 4-3.

Le plus dur est fait. Il ne reste plus qu'à servir pour le gain du set pour l'ancien protégé de Brad Gilbert. Mario Ancic ne le voit pas de cet œil. Le Croate se procure 5 balles de débreak et sauve 4 balles de set dans un jeu épique. Mais c'est finalement Murray d'un ace sur le « T » qui met fin au suspense de ces 56 premières minutes. 6-3 Murray.

Après l'intervention du kiné en début de deuxième set sur les abdominaux d'Ancic, le pire pouvait être envisagé quant aux chances du géant de Split. Et pourtant le voilà remportant la mise en jeu de l'Ecossais pour prendre une avance conséquente de 3-1 service à suivre. Le problème est qu'en face, il y a un sacré client. Murray enchaîne 4 jeux de rang pour mener 5-3 et se positionne idéalement pour lever la coupe. Il se procure même une balle de match, sauvée par Ancic sur son service.

Il ne reste plus que quatre petits points à gagner au 11e mondial pour s'offrir son deuxième titre en 2008, après Doha. Jeu blanc, set, match et tournoi pour Andy Murray.

« Maintenant je peux répondre à ta question de toute à l'heure, reprends le supporter, je crains la victoire parisienne… »


Le Hawk Eye, procédé inédit à l'Open 13

Hawk-Eye (Littéralement « œil de faucon »), est un système d'assistance vidéo à l'arbitrage, qui permet de revoir la trajectoire d'une balle à la demande d'un joueur qui estime que la décision de l'arbitre n'est pas bonne.

Le procédé est le suivant : Les joueurs bénéficient de deux recours (appelés « challenges ») à l'assistance vidéo pour chaque set et un par tie-break. Si la contestation est confirmée par la machine (qui reproduit la trajectoire de la balle en image de synthèse et la diffuse sur deux grands écrans placés sur le court), le joueur conserve son capital de deux challenges. En revanche, chaque contestation infirmée par la vidéo supprime une chance. Les crédits non utilisés dans une manche ne peuvent pas être reportés sur la manche suivante.

 

Le Hawk eye en 2008 à l'Open 13 :

  • - 55 000 € ont été investis dans le hawk eye.

 

Sur 32 matchs 140 challenges ont été demandés :

  • - 55 ont été gagnés (soit 39,3% de challenges gagnés)
  • - 85 ont été perdus (soit 60,7% de challenges perdus)


"Je n'ai jamais été aussi heureux qu'aujourd'hui."

Gilles, à 5/3 dans le second set tu avais l'occasion de finir, et pourtant...
"J'ai un peu retenu. Il m'a beaucoup fait jouer, il était agressif, solide. Puis avec la pression et l'élévation de son niveau de jeu, c'était un peu dur. Mais je n'ai pas lâché pour autant. Il n'y avait pas de raison de s'affoler, même si j'aurais bien évidemment préféré finir plus tôt."

Tu avais une tactique particulière ?
"Non, pas de tactique. Je voulais simplement jouer mon jeu et montrer que j'étais prêt."

Gagner ton premier tournoi sans perdre un set, c'est quand même assez exceptionnel, non ?
"Euh, oui c'est un peu bizarre, mais je suis très heureux d'avoir gagné. Après ne perdre aucun set, c'est un bonus, mais ça ne change pas grand chose..."

Quelle a été ton sentiment aujourd'hui à la fin du match ?
"D'un coup tout est terminé, ça y est, c'est gagné. Toute la pression, la tension s'envole. On se laisse aller. Et même si je ne suis pas très démonstratif, j'étais extrêmement heureux. J'ai eu beaucoup d'émotions grâce au public, donc j'ai vraiment tenu à leur rendre hommage à la fin.
J'ai été très touché que le public soit plus de mon coté car je sais que Marcos est beaucoup apprécié, il a des fans partout dans le monde, donc ça m'a fait vraiment du bien d'être soutenu comme ça. J'ai pu m'appuyer sur le public dans les moments difficiles.
D'ailleurs, si cette finale avait eu lieu ailleurs, avec un public différent, ça n'aurait pas été gagné..."

Quel est ton bilan de la semaine ? Ce titre t'ouvre quelles perspectives ?
"Cette victoire fait du bien, je suis soulagé. Elle tombe en plus au bon moment. Je vais essayer de me souvenir de ce que j'ai fait cette semaine pour la suite.
En tout cas, ça donne envie, ça montre que je suis capable, que le niveau de jeu est toujours là. Et ça me fait prendre conscience que si je fais ce qu'il faut, je peux vraiment m'améliorer et remonter au classement.
Je n'ai jamais été aussi heureux qu'aujourd'hui. C'était très important pour moi de m'imposer dans cette finale. Au début du tournoi, je ne pensais pas à la finale, mais une fois qu'elle était là, je ne voulais surtout pas la laisser passer. Ca me tenait vraiment à coeur de m'imposer aujourd'hui."

Tu as eu des mots très gentils envers Marcos Baghdatis à la fin du match...
"Marcos est quelqu'un de très agréable, c'est une personne incroyable. Le tennis a besoin de joueur comme lui. C'est grâce à des mecs comme lui que les gens aiment le tennis et se déplacent pour voir des matchs. Il est très démonstratif, c'est un joueur plus attrayant que certains autres..."

C'est un modèle pour toi de ce coté là ou c'est plutôt chacun son style ?
"Chacun son style. Tous les joueurs sont différents, et c'est tant mieux pour le tennis. Personnellement je préfère garder les choses pour moi. Même si ici je me suis rendu compte que ça fait quand même du bien de lâcher un peu des choses de temps en temps. J'ai pu le faire ici, mais c'est pas possible partout."


"La première de Gilles"

La quinzième finale de l'Open 13 a tenu toutes ses promesses !
Après un match enlevé entre les deux meilleurs joueurs de cette semaine, c'est le jeune français Gilles Simon qui l'emporte face au chypriote Marcos Baghdatis en deux sets 6-4, 7-6 (3). Il soulève ainsi le tout premier trophée de sa carrière, deux ans seulement après avoir été révélé sur ce même central marseillais en 2005.

Dans un Palais des sports archi-comble et un public acquis à sa cause, le français, crispé, peine pourtant à entrer dans le match. Le chypriote, 17e mondial, breake d'entrée pour mener rapidement 2-0 dans la première manche. Mais Baghdatis, pas totalement dans sa partie commence à accumuler les fautes directes et remet le français dans le match en rendant son service : retour de Simon à 2-2. Le jeune Francilien, 58e à l'ATP, se relâche alors totalement, il attaque toutes ses balles et déborde littéralement son adversaire en expédiant revers et coups droits fracassants le long de la ligne, laissant Baghdatis totalement impuissant. Si le Chypriote se crée tout de même deux balles de break pour tenter de mener 3-2, il bute sur un Simon conquérant qui se bat sur tous les points et ne lâche plus son service. Avec de bonnes premières, Marcos arrive à rester au contact du français (4-4). Mais après un jeu blanc sans bavures de Gilles (5-4), c'est le Chypriote qui va craquer le premier. Il n'arrive plus à passer ses amortis, qui avaient été le cauchemar de Nieminen en demi-finale, tandis que Gilles ne lâche plus rien. Le Français contre systématiquement les montées au filet de son adversaire et conclue sur sa troisième balle de set, sur une magnifique contre-attaque dont il a le secret et qui fait exulter le public marseillais (6-4). Sur un nuage, Gilles Simon prouve déjà que sa présence en finale est loin d'être due au hasard.

La seconde manche part sur les mêmes bases que la fin de la première. On retrouve un Gilles en pleine confiance qui fait très peu de fautes, tandis que Marcos envoie beaucoup plus de balles dans le filet ou hors du court qu'à l'accoutumée. Le chypriote ne trouve plus la solution pour déborder son adversaire. Au contraire, Gilles accomplit un jeu blanc sur le service du finaliste 2006 de l'Open d'Australie (3-1). Lorsque le français confirme à 4 jeux à 1, on se dit l'affaire bien engagée pour lui. Seulement voilà, Baghdatis n'est jamais aussi fort et imprévisible que lorsqu'il est mis en difficulté. Les deux joueurs s'engagent dans de longs échanges de fond de court qui se termine par de superbes points gagnants le long de la ligne. A 5 jeux à 3 sur le service de Gilles, le chypriote profite de la pression sur les épaules du français pour revenir dans la partie. Le natif de Nice attaque mais a le bras qui tremble. Baghdatis en profite pour débreaker et revenir à 5-4. Les deux joueurs sont crispés. Simon se retrouve même à deux points du match à 5-4 (15-30), mais une fois encore, Baghdatis revient et égalise à 5 jeux partout. On se dirige alors tout droit vers le tie-break après que les deux coéquipiers d'entraînement aient gagné leurs jeux de service respectifs.

Le jeu décisif tient toutes ses promesses. La pression provoque de nombreuses fautes directes de la part des deux joueurs qui ne cessent de perdre des points sur leurs services. Mais Gilles, en finale d'un tournoi pour la deuxième fois de sa carrière ne veut pas laisser passer l'occasion de soulever le trophée phocéen. Il réussit à prendre trois fois le service de son adversaire. A 6-3, service Baghdatis, sur une ultime montée au filet, le chypriote manque une fois encore cette maudite volée qui se termine dans le filet. Le point serré, dans une ambiance surchauffée et acclamé par le public marseillais, Simon exulte et peut savourer sa première victoire sur le circuit ATP.

Après Guy Forget (1996), Fabrice Santoro (1999) et Arnaud Clément (2006), Gilles Simon est le quatrième français à inscrire son nom au palmarès de l'Open 13.

 






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